20/04/2004

L'aube




L'aube




Funambule du crépuscule, j'étais l'oiseau :
Feston noir sur la pourpre du couchant,
Mon songe fol oscillait à travers les vertiges
Et mon gosier s'enivrait de zénith ...


Mais la griffe m'a brisé l'envol pour se jouer de mes soubresauts ...

Dans les spectres de lune,
Je menais mes cabrioles à la source clair-argent.
Que j'envie le minois du faon dans l'insouciance :
La liberté est modelée à sa ressemblance ...


La patte m'a déchiré la robe et les crocs
m'ont tranché le col ...

Du sang de l'autour,
De la chair du chevreuil, je renais ...

J'ai le bouc irrité de bave
et les lèvres gercées de morsures.
J'ai le poids d'une biche entre les bras
et mon pied cherche son pas dans la fougère :


J'ai le port d'un faune
aux premières clartés sylvestres ...

Soleil, pointe l'éclat de ta sphère ...
Je boirai au calice du plein midi,
Mais dissipe en moi
les cauchemars du demi-dieu!

15:25 Écrit par Jean-Paul Flament | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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