19/04/2004

Pour un Don Juan


Pour un Don Juan


J'ai le vice en bataille
et l'amour à l'essai,
une pointe en ripaille,
le baiser sans procès.

Avis à tout artiste :
« Qui me brosse d'un trait
campe l'équilibriste;
voilà tout mon portrait ! »

Arrière, valetaille !
Doucement, s'il-vous-plaît !
Cette lame étripaille
tout venant indiscret.
Le rire au cimetière
s'achève par décès;
je fournirai matière
à qui veut rire en paix.

Venez çà, la marmaille !
Un sou pour toi, cadet !
Tu n'as pas peur, canaille ?
Mon jeune farfadet,
dis-moi, la camérière ... ?
Quel est son nom ? ... ta sœur ?
Fille de l'hôtelière ?
Voilà deux sous, farceur !

Allure et fine taille,
colombe à fin collet,
entre toute volaille,
se rengorge à succès.

Les draps ne me suffisent
que tu mets à mon lit;
pour que nuits s'éternisent,
couche-toi dans ses plis ...

Chrysalide de mailles,
ta robe a cédé net,
Tu sens bon la bergère.
La grange est un palais;
Le foin sert de litière;
me voici ton valet.

Vienne un temps de semailles
et vendanges à l'excès !
Pétrirai tes entrailles
jusqu'au vin de ton lait.

Cède-moi plus légère ...
Je déguste ton cri.
J'essoufle ta prière.
Posséder a son prix.

La basse-cour piaille.
La matrone, en putois,
réclame : «aux épousailles ! »
« Point d'affront sous mon toit ! »

Touchez de ma rapière,
messieurs les spadassins;
cela vaut bien salaire
que d'être un assassin !
Craignez les représailles !

Fi de vous tous, tueurs !
Votre lâche ferraille
m'est entrée dans le cœur.

Ténorio, mon frère,
Qu'avons-nous de commun ?
Liberté éphémère,
je meurs pour ton parfum !

16:08 Écrit par Jean-Paul Flament | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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