19/04/2004

Hiver




Hiver


Les cernes blancs des pavés de la rue
ont le sable glacé
des rides du passé
en retenue.

Le givre épousseté des seuils endormis
cristalise
les doigts de frise
des moineaux sans paradis.

Le carreau gelé d'un réverbère
prend mine de chinois
et calque, en son patois
d'images, des ombres éphémères.

Les vitres empesées ont des yeux agrandis
bleus de surprise
pour un baiser de bise
au vif du verre engourdi.

La poudreuse à col d'hermine
a serti de cristaux
son ample manteau
d'étamine.

Un reflet de gel
corrode
le pavé verdi
sous l'émeraude
de sel.

Les trottoirs sans mesure
ont des effets de patins
sous le satin
lâche d'un papier pelure

17:49 Écrit par Jean-Paul Flament | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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