20/04/2004

justificatif




L'édition originale
de ce
deuxième recueil
de la collection
des
Permanences
Poétiques


a été tirée
en 600 exemplaires
sur papier offset


achevé d'imprimer
le 1 novembre 1964

sur les presses
de l'imprimerie
Jean Janssens
à Bruxelles 3



18:35 Écrit par Jean-Paul Flament | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Prétexte à la Saison d'Aimer


PRETEXTE A LA SAISON D'AIMER


poèmes
de
Jean-Paul Flament

illustrations
de
Agnès Pirnay



éditions des
Permanences Poétiques
1964

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illustration 01

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Fleur et éclipse





Fleur et éclipse



Pour décrire à loisir la corolle écarlate,
j'ai pincé, de mes doigts, la tige délicate ...
J'ai humé le parfum du calice embaumé
d'un pavot - à peine eût-il la saison d'éclore -.
Alourdis de relents, mes sens goûtent encore
la saveur du fruit vert par trop tôt consommé ...

J'ai brûlé ma rétine au point focal des sables ...
Cercle doré, démesurément dilaté,
la pupille, en son orbe éteinte, a éclaté.
le cristal a rompu des lois méconnaissables :
pour mille astres comptés, j'ai perdu le regard,
mais ne puis, à mon gré, sonder nuits assez tard ...

Fleur sèchée, oubliée entre deux parchemins,
ton sanglot a taché la page toute entière ...
Œil hagard et tari, errant par les chemins,
tout s'éclaire en toi,
--------------------- car ... « Néant n'est que Lumière »...

16:54 Écrit par Jean-Paul Flament | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Vide




VIDE



Eborgne ou bien me fixe, à ton gré, l'œil acide!
L'univers changera d'optique en mon cerveau :
Plutôt que de fouir les nuits de mon caveau
Et rêver, par tréfonds, d'un obscur homicide,
Distinguerais-je enfin l'aube d'un jour nouveau ...

Aveugle-moi cette orbe unique et trop lucide !
La rancœur du Cyclope, aigri des lendemains,
Perdure au seul regard porté sur les humains.
Achève un ministère et m'épargne « suicide» ...
N'ai-je par trop déjà penché le front aux mains ...

Libère mon esprit d'une entrave morbide ...
Frappe-moi le tympan au point de m'assourdir :
Le bruit, plus que l'image, est propre à étourdir.
A l'écho martelé d'un monde qui trépide,
Mes pensers ne pourront jamais que s'alourdir ...

Le débit incisif des méchants est rapide ...
Me taisant dès matin, le voudrais-je éviter,
Un servile verbiage ira le répéter ...
Noue les filaments de ma langue insipide :
Sitôt le plein midi, je m'irais disputer !

La solitude d'âme est logis fort aride ...
Je nicherai pourtant au cœur de la prison :
Le convenant écrou verrouille ma raison ...
Je suivrai le désert du bohème apatride :
Au vase clos d'exil, fermente un doux poison ...

Le travesti paraît une bien faible égide ...
Le masque de bois creux manque d'habileté
A déguiser les traits de l'incrédulité ...
Pour qui s'en vêtirait, sous son carcan rigide,
L'orgueil est un habit d'insensibilité ...

16:50 Écrit par Jean-Paul Flament | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Vitrail




VITRAIL



Brûle, le feu follet de l'image insolite,
avant qu'au point d'amour, la nuit ne périclite !
Ton industrie occulte a puissance d'Enfer
pour distiller les sels et transmuer le fer :
accorde-moi, ce soir, l'alchimie du sable
et je te créerai un cristal ineffable ...

La patiente éclosion des ferments alcalins
n'offre qu'un verre mat, aux reflets opalins.
Je ne puis te poursuivre en mon verbe insipide :
ton fusain est trop dur, ton pinceau trop limpide.
Fut-il vrai qu'un échec me retienne à l'écart,
j'épouserai l'ellipse irisée de l'art ... !

Taille le quartz éteint de ma fade ignorance :
les carats bruts ont plus de prix sur la balance.
Aux prismes d'amarante et de cobalt sertis,
convergent les rayons des cosmos répartis ...
l'émail du sinople a l'éclat des émeraudes ...


- Un sylphe apparaît au creuset des électrodes ...


Les embruns matineux ont tout décoloré :
l'aube interdite étreint mon rêve évaporé ...

16:11 Écrit par Jean-Paul Flament | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

illustration 02

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Sonnet à l'Absent




Sonnet à l'Absent



à Michel Stavaux



L'absence a couronné de thyrse et de laurier
Le front pâle et fermé de ton adolescence.
Le fluide a essaimé dans la luminescence
La musique égrainée au fil de ton courrier.

Malchance a bourgeonné d'un éclat sans quartier :
Romanichel grimé ou bien bouffon de France,
Que de masques fumés au creux de l'existence !
Le Verbe abandonné sous un bois d'églantier ...

L'offrande consommée est toute en la souffrance.
L'errance est condamnée au su du monde entier.
Faut-il donc présumer pour cela d'espérance ?

Qu'il ait pu tant aimer dans cette transparence
Suffit à sublimer d'un cri sa délivrance :

Et Christ a fleuronné aux versets du psautier ...

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Au coin de l'oeil surpris








à Claude J.-Debecq



Au coin de l'œil surpris, j'ai piqué une mouche

légère, par-dessous la pointe de rimmel.

A fleur du liseré incarnat de ta bouche,

j'ai posé un frelon enfiévré de son miel.

Ta paupière a cillé pour peu que je la touche ...

Prends garde au faux bourdon :
son audace est de fiel.

Sitôt qu'il est venu, perle, humide et farouche,

un pollen cristallin dont j'ai goûté le sel.

15:47 Écrit par Jean-Paul Flament | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

illustration 03

15:41 Écrit par Jean-Paul Flament | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Errances




Errances




Dialogue



J'ai marché par-dessus le sac aux illusions.
Au long d'un quai noirci, l'eau sale a ses raisons.


Ton cœur est sans abri : reviens à la maison.


La nuit colle son encre au détour des chemins.
Sous les brouillards ternis, je chercherai ta main.


Ne traîne pas dans l'ombre : elle étouffe demain.


L'œil morne du fanal guette le désespoir.
Les sentiers graveleux serpentent sans trottoir.
L'eau blême aura pour moi des effets de miroir.


Reviens ! Tends-moi les bras ! J'ai sondé du regard
le puits d'inespérance. Au fil du temps blafard,
je t'accompagnerai où mène ton errance...

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illustration 04

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Le pont




Le pont



Entre les ans passés, mon cœur est sans esquif.
Le bleu a chaviré au ciel de ton sourire.
L'anneau de notre étreinte a coulé de délire.
Les chairs de nos baisers s'écorchent au récif.

J'imaginais pour toi une arche à la dérive.
En fin de croisière, une île à Robinson.
Je t'emmènerai là où reste ma chanson.
Que le passeur est lent à gagner l'autre rive ...

N'y eut-il qu'un tranchant par-dessus le réseau,
Vers toi, je franchirai le vertige des eaux.
L'ébauche du bonheur ignore le naufrage.

J'ai composé des mots surpris contre l'écueil.
Les remous d'une épave engloutissent mon deuil.
Que le bac est pesant à joindre le rivage ...

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L'aube




L'aube




Funambule du crépuscule, j'étais l'oiseau :
Feston noir sur la pourpre du couchant,
Mon songe fol oscillait à travers les vertiges
Et mon gosier s'enivrait de zénith ...


Mais la griffe m'a brisé l'envol pour se jouer de mes soubresauts ...

Dans les spectres de lune,
Je menais mes cabrioles à la source clair-argent.
Que j'envie le minois du faon dans l'insouciance :
La liberté est modelée à sa ressemblance ...


La patte m'a déchiré la robe et les crocs
m'ont tranché le col ...

Du sang de l'autour,
De la chair du chevreuil, je renais ...

J'ai le bouc irrité de bave
et les lèvres gercées de morsures.
J'ai le poids d'une biche entre les bras
et mon pied cherche son pas dans la fougère :


J'ai le port d'un faune
aux premières clartés sylvestres ...

Soleil, pointe l'éclat de ta sphère ...
Je boirai au calice du plein midi,
Mais dissipe en moi
les cauchemars du demi-dieu!

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15:19 Écrit par Jean-Paul Flament | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

En cette nouvelle saison ...




En cette nouvelle saison ...


En ma nouvelle saison, suis sans gîte, ni raison...


Incohérente et folle est ma prose
Mes mots sont des notes de névrose
La gamme obscure dont je dispose
s'étire en une portée close
et la musique qui s'en impose
voisine avec mon état d'hypnose






Si j'étais ...
Non, hélas ! Je ne suis, ni ne vais.
Qui serais-je ? Où aller ?
Moi-même ne le sais ...

15:12 Écrit par Jean-Paul Flament | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Prie pour moi ...



Prie pour moi Saint Géry de Braine !
M'en vais en rire, en pleurer
Vers les contrées lointaines
De notre amour, me bercer,
Un jour, qu'il me souvienne
M'en vais chanter et c!amer
Mais pardonne à mes fredaines
Sur la route, ai rencontré
Mendigots et tire-laine
Par les chemins écartés
M'en suis allé à la traîne
Crains pas pour notre amitié
Que veux-tu qu'il m'advienne ?
Le refrain est triste assez
Pour que la chanson soit vaine
M'encours, m'enfuis à mon gré
Comme vent de par la plaine

Quel plaisir à t'écouter
Chanter cette cantilène
Rappelle-moi les jours gais
Me suffit d'une rengaine
Ta voix rend mon cœur léger
Au fil du temps qui s'égrène
Irai doucement glisser
Ne me retiens ! N'aies point peine !
M'en vais au bois pour muser

Bedeau, entonne l'antienne
Et l'on pendra ce gibier !
Ne pleure pas, Madeleine !
En bordure du sentier
Sous le gibet du vieux chêne
Fleurissent les églantiers

Pleure pas ! Pleure pas, Madeleine !

11:23 Écrit par Jean-Paul Flament | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Chanson pour toi




Chanson pour toi



Loin des yeux, loin du coeur
n'écoute pas les bavardages
la vérité se meurt
à chaque mot d'un tel langage

Loin des yeux, loin du coeur
ils ont beau moudre un grain d'ivraie
t'abreuver de rancoeur
notre union n'en est pas moins vraie

Loin des yeux, loin du coeur
je ne serai pas touiours sage
te diront-ils, moqueurs
invoqueront mauvais présages

Loin des yeux, loin du coeur
les mots cruels, fruits de mensonge
ont l'étrange saveur
d'un vin tiré du fiel d'éponge

Loin des yeux, loin du coeur
rose ne vit pas sans épines
le satin d'une fleur
s'épanouit dans l'aubépine

Loin des yeux, loin du coeur
il ne faut point croire en l'adage
les raisons du bonheur
mûrissent mal sans quelque ombrage

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illustration 06

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O toi, l'absente ...



0 toi l'absente de mes jours sans peine
qui fus ma compagne de jadis
indique-moi où jaillit la fontaine
qui fleure bon le myosotis

Lorsque je fus banni de cette ville
m'en allai sans plus me retourner
ni pleurer sur une quelconque idylle
oublier jusqu'à l'exil d'aimer

Il n'y a rien de neuf au cœur des hommes
vers quel orient lever les yeux ?
savoir où nous allons et qui nous sommes
et ne plus nous prendre pour des dieux

M'écœurent les façades sans vergogne
des demeures chastes du boulevard
toits blets où ne nichent pas les cigognes
lèpre blème sur des murs blafards

Je rejoindrai ma lointaine province
pourvu que l'exil me pèse trop
sous quel régime, règne de quel prince
retrouver bonne ville en sabots ?

Je ferai le guet dessous la poterne
en quel jardin nous cacherons-nous ?
nous irons nous baigner dans la luzerne
ma vie viendra au rendez-vous

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Chanson




Chanson



l'amour est fade et sans rime
pour qui n'est pas amoureux
l'ennui fait triste mine
cadran d'horloge en frime
pour le cœur aventureux

Est-il sourd qui bat la diane
aux tympans des braves gens ?
les notes diaphanes
vacances catalanes
bercent nos pas sous le vent

Est-il laid comme personne !
persifflent riches bourgeois
Après-midi d'un faune
promenades d'automne
sur concerto albigeois

De la blonde ou de !a brune
qui préférer, damoiseau ?
coucher mol sur la dune
baisers de clair de lune
te voilà piégé, moineau !

Si l'envoi reste anonyme
serpent n'est pas de saison
M'en voudrais magnanime
de trop forcer la rime
et déflorer la chanson ...

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illustration 07

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Quelle étrange figure ...





Quelle étrange figure

nous fait Dame Luxure

à ne plus se cacher dans le soir ...

Le corps tiré sous le galbe noir

d'une robe neuve,

cette jeune veuve

se penche ardemment au balcon de son deuil

dans l'attente

impatiente

de son amant,
qui tarde à franchir le seuil ...

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19/04/2004

Hiver




Hiver


Les cernes blancs des pavés de la rue
ont le sable glacé
des rides du passé
en retenue.

Le givre épousseté des seuils endormis
cristalise
les doigts de frise
des moineaux sans paradis.

Le carreau gelé d'un réverbère
prend mine de chinois
et calque, en son patois
d'images, des ombres éphémères.

Les vitres empesées ont des yeux agrandis
bleus de surprise
pour un baiser de bise
au vif du verre engourdi.

La poudreuse à col d'hermine
a serti de cristaux
son ample manteau
d'étamine.

Un reflet de gel
corrode
le pavé verdi
sous l'émeraude
de sel.

Les trottoirs sans mesure
ont des effets de patins
sous le satin
lâche d'un papier pelure

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Morte la ville ...




Morte la ville
Mortes les eaux
Les quais tranquilles
sont au repos

Facade en frime
bouge vieillot
tire sa mine
de caboulot

Morte la ville
Mortes les eaux
Les quais tranquilles
sont au repos

Pavés de mine
brassent l'écho
de cent machines
sous l'entrepôt

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illustration 08

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Terre de brique




Terre de brique
sable en dépôt
fume fabrique
terne halo

Morte la ville
Mortes les eaux
Les quais tranquilles
sont au repos

Bouches d'usine
plombent les flots
des anilines
ex-proprio

Murs de farine
lèpre au carreau
portent lésine
triste manteau

Morte la ville
Mortes les eaux
Les quais tranquilles
sont au repos

Criant famine
vieux matelot
traîne les ruines
claquant sabots

Morte la ville
Mortes les eaux
Les quais tranquilles
sont ou repos

Barque inutile
bute en tempo
berge stérile
à Dieu vau l'eau



Morte la ville
Mortes les eaux ...

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Terre de brique ...




Terre de brique
sable en dépôt
fume fabrique
terne halo

Morte la ville
Mortes les eaux
Les quais tranquilles
sont au repos

Bouches d'usine
plombent les flots
des anilines ex-proprio

Murs de farine
lèpre au carreau
portent lésine
triste manteau

Morte la ville
Mortes les eauxLes quais tranquilles
sont au repos

Criant famine
vieux matelot
traîne les ruines
claquant sabots

Morte la ville
Mortes les eaux
Les quais tranquilles
sont au repos

Barque inutile
bute en tempo
berge stérile
à Dieu vau l'eau



Morte la ville
Mortes les eaux ...

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Pour un Don Juan


Pour un Don Juan


J'ai le vice en bataille
et l'amour à l'essai,
une pointe en ripaille,
le baiser sans procès.

Avis à tout artiste :
« Qui me brosse d'un trait
campe l'équilibriste;
voilà tout mon portrait ! »

Arrière, valetaille !
Doucement, s'il-vous-plaît !
Cette lame étripaille
tout venant indiscret.
Le rire au cimetière
s'achève par décès;
je fournirai matière
à qui veut rire en paix.

Venez çà, la marmaille !
Un sou pour toi, cadet !
Tu n'as pas peur, canaille ?
Mon jeune farfadet,
dis-moi, la camérière ... ?
Quel est son nom ? ... ta sœur ?
Fille de l'hôtelière ?
Voilà deux sous, farceur !

Allure et fine taille,
colombe à fin collet,
entre toute volaille,
se rengorge à succès.

Les draps ne me suffisent
que tu mets à mon lit;
pour que nuits s'éternisent,
couche-toi dans ses plis ...

Chrysalide de mailles,
ta robe a cédé net,
Tu sens bon la bergère.
La grange est un palais;
Le foin sert de litière;
me voici ton valet.

Vienne un temps de semailles
et vendanges à l'excès !
Pétrirai tes entrailles
jusqu'au vin de ton lait.

Cède-moi plus légère ...
Je déguste ton cri.
J'essoufle ta prière.
Posséder a son prix.

La basse-cour piaille.
La matrone, en putois,
réclame : «aux épousailles ! »
« Point d'affront sous mon toit ! »

Touchez de ma rapière,
messieurs les spadassins;
cela vaut bien salaire
que d'être un assassin !
Craignez les représailles !

Fi de vous tous, tueurs !
Votre lâche ferraille
m'est entrée dans le cœur.

Ténorio, mon frère,
Qu'avons-nous de commun ?
Liberté éphémère,
je meurs pour ton parfum !

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illustration 09

16:00 Écrit par Jean-Paul Flament | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |